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Camille en Chine!

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22 juin 2012

Point final.

Voilà. Inexorablement, la fin est arrivée. Dix mois ont passé. Demain matin, je prends mon avion. Je reviens au pays, le coeur et la tête tout à la fois riches de cette extraordinaire année, lourds de quitter ce pays fascinant et réjouis à l'idée de vous retrouver tous.  

Je suis à vrai dire très frustrée de devoir clore ce blog. Il y a encore tellement de choses dont j'aurais voulu vous parler. J'ai encore tellement d'ébauches d'articles dans la tête. Malheureusement, ils resteront à jamais à l'état de projet, d'enquête inachevée, par manque de temps: manque de temps pour explorer, manque de temps pour faire mes recherches et manque de temps pour rédiger. 

Je vous aurais ainsi parlé... 

... des élections en Chine et de l'attitude des Chinois par rapport à la politique 
... du comportement des couples: nombre d'entre eux se baladent dans la rue habillés à l'identique, les filles se comportant comme des petites filles boudeuses, je vous aurai parlé de la manière dont ils se tiennent par la main, de leur attitude koala
... du concept sociologique si capital dans les relations sociales en Chine, le concept de face
... de la cigarette: son prix dérisoire, du fait que les hommes fument presque tous mais qu'il est encore extrêmement mal vu de voir une femme fumer
... du fait qu'il n'y a pas d'âge légal pour boire de l'alcool, du phénomène du faux alcool dans les bars pékinois
... de la période ''cigogne'' actuelle: toutes les femmes sont enceintes jusqu'au cou, conséquence du printemps mais aussi du boom de l'année du dragon
... de la culture du karaoké
... du fait que les femmes ne s'épilent pas, charmantes visions d'aisselles dans les transports en commun
... des arts et artisanat traditionnels
... de la relation hiérarchie-employés dans les entreprises: j'ai découvert le dernier jour de mon stage que les responsables du team building s'adressait aux employés en parlant d'une relation professeur-élèves
... de la différence entre le salaire d'un Chinois et le salaire d'un étranger à travail égal, différence allant du simple au double
... de la conception des heures supplémentaires
... de la censure érotique dans les films et les programmes télévisés
... je vous aurai expliqué pourquoi le dragon est si populaire en Chine et en Asie 
... je vous aurai présenté la pop chinoise, il y a tant à en dire
... j'aurai créé une nouvelle catégorie et serai allée interroger des gens dans la rue pour les faire parler de leur vie, de leur métier

Bref... la liste est longue... 

Alors je voudrais vous remercier tous, lecteurs réguliers ou moins réguliers, fans déclarés ou visiteurs occasionnels, qui avez vécu avec moi par l'intermédiaire de ce blog cette passionnante aventure chinoise. J'ai pris énormément de plaisir à rédiger tous ces articles et vous faire part de mes ressentis. Merci de votre fidélité dans la lecture. La Chine me manquera. 

A très bientôt en France! 

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21 juin 2012

云南 Jusqu'aux confins du Yunnan

Yunnan

Me voilà de retour à Pékin... J-2 avant le grand retour! Laissez-moi donc maintenant vous raconter la deuxième semaine de mon périple. Après Guilin, alors que Francesca repartait pour Pékin et LightInTheBox, j'ai pris l'avion pour Kunming, la capitale du Yunnan. Le Yunnan, c'est la province la plus au sud-ouest de la Chine qui borde le Tibet. 

Je me suis contentée de visiter le nord-ouest de la province: rien que le Yunnan, c'est presque aussi grand que la France. Les trajets en bus (et j'en ai fait, du bus, au cours de cette semaine!) étaient féériques, car on traversait de magnifiques paysages, étendues vertes, rizières en terrasse, paysans au travail dans les champs partout... Moi qui voulais vraiment voir la campagne profonde chinoise... mon désir a été plus qu'exaucé. Le Yunnan est l'une des provinces chinoises où résident le plus grand nombre de minorités ethniques, car historiquement c'était une province très isolée du reste du territoire, en partie car c'est une région très montagneuse. Beaucoup de femmes s'habillent encore de leurs vêtements traditionnels: ces femmes sont magnifiques, avec leur peau brunie par le soleil, leur corps marqué par une vie difficile et leurs costumes colorés. 

Pour résumer et simplifier, les trois petites villes où je suis allée au cours de cette semaine en montant vers le nord sont à chaque fois des vieille-villes touristiques chinoises, c'est-à-dire que tout a été refait, tout est fake, genre village Walt Disney. Les petites rues censées être historiques et authentiques regorgent de boutiques et grouillent de touristes, c'est étouffant. Les Chinois aiment ça... Ce n'est pas vraiment la notion du tourisme historique que nous Occidentaux avons, mais ce n'en était pas moins intéressant de voir les différences architecturales et la manière dont les gens vivent. Et puis j'ai été me perdre dans la campagne alors j'ai vu autre chose... 

Je suis tout d'abord partie pour Dali, où se concentre la minorité des Bai. Bien que déçue par la vieille ville, Dali se trouve au bout d'une ''mer intérieure'', en réalité un immense lac d'une quarantaine de km de long. Les paysages du haut du temple des Trois pagodes étaient magnifiques, et le petit village Bai de Xizhou au bord du lac très mignon. En plus, je suis tombée sur la prière des moines, ce fut un moment trop mythique de les voir psalmodier et d'entendre les voix résonner dans les micros et la montagne...

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Puis, je suis partie pour Lijiang où j'ai rejoint une Française rencontrée à Pékin et une de ses amies. On est partie dans les Gorges du Saut du Tigre faire une randonnée de deux jours. Dans le mini-bus pour y aller, nous avons rencontré deux Irlandais et une Américaine, avec qui on a donc fait la randonnée. Si la route pour accéder aux Gorges fut épique niveau style de conduite chinoise, je m'attendais à quelque chose de beaucoup plus impressionnant et encaissé, plus comme les Gorges du Tarn. Mais le chemin traversait quelques petits villages de la minorité locale, les Naxi, et les paysages étaient magnifiques quand même. 

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Nous sommes ensuite montées jusqu'à Shangrila, sur les contreforts du plateau tibétain: on était à 3500m d'altitude, mais toujours en tshirt! Sensation très étrange que de devoir s'arrêter trois fois pour reprendre son souffle au cours d'une simple ascension des marches d'un temple... Là, autre fausse-vieille ville. Mais surtout, un monastère tibétain magnifique, entouré d'un petit village pour le coup beaucoup plus authentique, et une excursion mythique dans la montagne avec un chauffeur de l'ethnie locale Zang... J'ai passé la journée à parler chinois avec lui et les deux Chinoises qui nous accompagnaient, il nous a raconté plein de choses sur les coutumes locales, mode de vie etc... C'était passionnant et il était vraiment drôle. On est même rentrés dans la cabane en bois d'un vieux couple qui vivait au milieu de nulle part de la montagne. Prairies sauvages et fleuries, yaks, vaches et cochons... Loups, ours et cochons sauvages la nuit... A travers la brume, le brouillard et la pluie, même si la vue était partiellement cachée, c'était magique.
(J'ai tellement de photos à mettre, me contenter de deux trois est terriblement difficile... :D)

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A Shangrila, nous nous sommes séparées: Albane et Alexia sont rentrées à Pékin et moi j'ai fini mon périple seule, à Lijiang. Lijiang, c'est encore une fausse vieille-ville, mais c'est tout mignon: parfois appelée la Venise chinoise, ce sont partout des petites ruelles pavées qui serpentent entre des maisons basses de style bien chinois, et des petits canaux et ruisseaux qui se faufilent partout. 

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 Au cours de ces derniers jours d'exploration solitaire, j'ai rencontré et discutés avec plein de Chinois: vendeur de cartes postales au sommet d'une pagode, peintre-calligraphe exposant ses oeuvres dans un petit village, jeunes dans les auberges de jeunesse, guides locaux, marchand de draps locaux ... Ce sont des moments riches, où j'essaie d'en apprendre autant que possible tout en luttant pour comprendre malgré leur accent différent et leur débit.

De magnifiques souvenirs en somme...

 

10 juin 2012

桂林 Guilin, retrouvailles avec la nature

En attendant de partir pour l'aéroport en fin d'après-midi et d'entamer la deuxième partie de mon voyage vers la province la plus au sud-ouest de la Chine, le Yunnan, je profite de ces heures perdues pour vous raconter cette première fabuleuse semaine.

753px-Guangxi_in_China_(+all_claims_hatched)_svgJ'ai passé la première semaine de ce voyage de clôture de mon aventure chinoise dans la province du Guangxi, la province la plus au sud de la Chine qui borde le Vietnam. Je suis partie avec Francesca, une collègue italienne de mon stage. En arrivant à Guilin lundi dans la nuit, la grosse surprise a été de nous rendre compte que juin correspond au début de la saison des pluies. Le climat est suffocant de chaleur humide, même lorsqu'il pleut. Les vêtements et la peau deviennent moites au bout de 5 minutes passées dehors, mélange de transpiration et d'humidité. L'avantage, c'est que je respire un air bien plus sain que celui de Pékin et que mes yeux peuvent enfin profiter du spectacle de la nature, avec toutes les nuances de vert possibles et imaginables. Humidité oblige, la végétation est absolument partout, et par endroits fait même penser à la jungle. C'est magnifique.

Il y a en chinois un dicton très célèbre: ''桂林山水甲天下" qui signifie ''Les paysages de Guilin sont les plus beaux sous le ciel.'' Si la ville et ses environs sont en effet si connus, c'est parce que dans toute la région, d'immenses pics rocheux couverts d'une végétation luxuriante se dressent un peu partout, façonnés par l'océan qui recouvrait tout il y a des millions d'années. En français on appelle ces pics les pains de sucre, allez savoir pourquoi. Dans tous les cas, les paysages sont incroyables.

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On part (en tongs) sous des trombes d'eau explorer la ville. Le premier arrêt est pour s'acheter un poncho chacune. Dans les rues désertées, on ne passe pas inaperçues avec nos ponchos à scooter. Mais on est tellement contentes qu'on se fout royalement de la pluie. On marche toute la journée le long d'un bras de la rivière, monte sur un pain de sucre pour admirer la vue malheureusement partiellement invisible à cause de la pluie et de la brume. Dans la rivière, des pêcheurs sur le radeau en bambous avec leurs cormorans et leur panier tressé. Sur les bords de la rivière et dans les rues, la vie semble d'un autre temps, les gens vivent sur le pas de leur porte, passant le temps en attendant que la pluie cesse.

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La descente de la rivière sur un radeau en bambous n'a de décevant que les pétarades du moteur du radeau qui gâchent la majesté silencieuse du site. Invasion d'embarcations à touristes oblige, les pêcheurs au cormoran ont déserté la rivière et attendent le calme du soir pour sortir sur l'eau. Mais les berges sont extraordinaires, bambous géants et palmiers à foison, habitations rudimentaires en bois, radeaux amarrés partout, quelques pêcheurs passant le temps sur une petite île au milieu de la rivière autour d'un feu, les buffles au bord de l'eau, silhouettes au chapeau de rizière...

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On arrive à Yangshuo, anciennement calme petit village de pêcheurs perdu au milieu des pains de sucre, aujourd'hui agglomération de (seulement) 20 000 habitants littéralement envahie par les touristes. On fuit le centre bondé et loue les services d'une habitante locale pour aller se perdre dans la campagne en vélo. Cette balade fut extraordinaire. Sur des petits chemins de cailloux et de boue perdus au milieu des champs entre les pains de sucre, on traverse des hameaux tranquilles où les gens vivent en retrait du monde, au rythme de la rivière et des touristes: ils sont tous pêcheurs, conducteurs de radeaux à touristes, fermiers ou guides touristiques. On croise des locaux un peu partout, réunis dans les pièces communes des habitations et jouant aux cartes, attendant que le temps passe -- la veille un gros orage a fait que les bateaux ne sont pas autorisés sur la rivière rougie par la boue. D'autres, hommes comme femmes, sont au travail dans les champs. Le chapeau de rizière n'est pas un cliché. Silhouettes solitaires amenant leur buffle dans une marre pour qu'il s'y baigne, ou transportant toutes sortes de choses dans des double paniers suspendus à une planche portée sur l'épaule. On observe avec surprise qu'ils sont tous bien plus petits que nous, ils ont la taille d'enfants de 12 ans. On était parties équipées pour la pluie, en fin de compte on revient avec de bons coups de soleil. Une journée absolument magique.

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L'autre point du fort du voyage, ce sont les rizières en terrasse de Longji. Dans cette région se trouvent deux minorités ethniques chinoises, les Zhuang et les Yao. Les femmes Zhuang ont la particularité d'avoir des cheveux extrêmement longs (jusqu'à 2.5m!) qu'elles attachent d'une manière différente selon qu'elles sont célibataires, mariées ou mères. Les costumes sont colorés et pittoresques. Je regrette de ne pas avoir demandé si elles s'habillaient comme cela uniquement pour les touristes ou si la tenue traditionnelle fait encore aujourd'hui partie du quotidien. Dans tous les cas, c'est beau, et cela renforce encore l'impression d'être complètement en dehors du temps.

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La balade dans les rizières est tout simplement mythique. Le village de Ping'an, auquel on accède après bien des épingles à cheveux et des éboulis sur la route étroite et sinueuse, est perdu au milieu des terrasses parmi les plus anciennes de Chine. Depuis des siècles, les paysans ont patiemment taillés dans les flans de la montagne pour la rendre cultivable. Au gré des saisons, les paysages changent. Nous aurons admiré le site sous le reflet argenté de la lumière dans les terrasses gorgées d'eau, le riz n'étant pas encore sorti. Partout, les terrasses se superposent, se croisent et disparaissent à perte de vue dans les versants de la montagne. Les reflets changent au fur et mesure que l'on progresse. En plus, on a la chance de voir le site en fin de journée, une fois que les cars de touristes sont déjà redescendus dans la vallée. Tout est paisible, silencieux, hors du temps.

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On passe la nuit dans une espèce de chalet tout en bois clair qui domine la vallée et les terrasses. Expérience fabuleuse: on est les seules clientes, l'ordinateur date du siècle dernier, le bruit passe à travers toutes les planches, le torrent passe au pied de l'hôtel et le bruit de la chute d'eau ajoute au charme de l'endroit. Pour le dîner, on mange une spécialité locale à base de légumes sauvages cueillis dans la montagne. Le réveil est absolument mythique: notre hôtel est en fait situé juste à côté du bâtiment où se trouve le bureau du Parti communiste du village. Le drapeau chinois flotte juste devant la fenêtre de notre chambre, et, à 8h30, les haut-parleurs commencent à diffuser des chants patriotiques et une voix enjouée accueille les premiers touristes et invite les traînards à sortir de leur lit. Cette fois, c'est un saut éclair dans la Chine des années Mao.  

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A cause de mes coups de soleil, je renonce à rejoindre un autre village perdu au milieu des terrasses à quatre heures de marche de là. J'aurais pourtant adoré faire cette randonnée au beau milieu des terrasses brumeuses, guidée par un habitant local. On reprend donc la route de Guilin, et ainsi s'achève cette première semaine...

3 juin 2012

Au détour d'un parc -- et tout le reste...

Les chorales en plein air

Dans les allées des parcs, vous pourrez profiter des qualités de chanteurs des retraités. Vestiges de chants patriotiques des années Mao ou chants plus traditionnels, ils s'appliquent autant qu'ils peuvent sous la direction d'un chef de choeur indulgent. Se joint au groupe un peu qui veut, ambiance rétro garantie.

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Le chant d'opéra pékinois

Au détour des allées des parcs, les chanteurs amateurs s'entraînent à l'interprétation de morceaux chantés d'opéra pékinois. Chanteuse solitaire un peu à l'écart perdue au milieu des arbres ou des plantes, petit groupe plus visible, cela ajoute encore au charme suranné de la balade. 


Le karaoké en plein air (卡拉ok)

J'aurai aimé avoir le temps de vous parler un peu de l'amour des Chinois pour le karaoké, ce ne sera malheureusement pas possible. A défaut, je vous parlerai du karaoké en plein air. Ils aiment ça à un point que lorsque je suis allée voir le stade olympique, il y avait des stands KTV installés le long de l'allée: dans une camionnette portes latérales ouvertes, un grand écran posé sur la banquette arrière et un micro attendant qu'un volontaire se présente. 

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Faire chanter ses oiseaux 


P1040606Une autre occupation très appréciée des retraités est de promener leurs oiseaux, aussi étrange l'expression puisse-t-elle sembler. Dans la rue, lorsque vous voyez ça (cf photo de gauche), c'est que le vieux monsieur en question est en route pour le parc: ce qu'il tient à la main, c'est la cage, l'oiseau est dedans. La cage est entourée d'un tissu blanc ou bleu de manière à ce que l'oiseau ne soit pas affolé par la lumière, l'agitation et le bruit, sinon la crise cardiaque lui serait fatale. Une fois arrivé dans le parc, le propriétaire enlève le tissu et suspend la cage dans un arbre. L'oiseau se met  alors à chanter joyeusement. Je peux vous assurer que ça a du coffre, un piaf comme ça! Et d'autant plus quand il y a quinze cages suspendues dans le même périmètre de 50m² :)

 

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Notez toutes les cages suspendues dans les arbres derrière nous (et notez ma tentative d'éloignement aux hurlements assourdissants de l'oiseau tout en essayant de faire bonne figure pour la photo). Pendant que les oiseaux prennent l'air, les propriétaires se regroupent et refont le monde, échangent les petites nouvelles sur la santé et l'humeur de leur(s) oiseau(x), conseils d'entretien, d'élevage etc.

 

La calligraphie à l'eau

Armés d'un grand pinceau en mousse, les maîtres en calligraphie exhibent leur art avec adresse, traçant d'immenses caractères à l'eau sur les dalles au beau milieu des allées. Les curieux s'arrêtent pour déchiffrer ces extraits d'oeuvres de littérature chinoise classique. Au bout de quelques minutes, le moment d'éternité s'achève et les caractères disparaissent petit à petit pour retourner dans le monde de l'invisible. 

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S'entraîner à jouer du 胡琴 huqin ou du 古琴guqin

Le huqin est une sorte de violon à deux cordes. C'est l'un des instruments principaux de l'opéra chinois, donc je vous laisse imaginer la tonalité... Guère très mélodieux pour des oreilles occidentales.

Le guqin est une espèce de harpe horizontale. Le son qu'elle produit est beaucoup plus agréable. Si vous imaginez une musique d'ambiance chinoise typique, eh bien c'est généralement un guqin

Le parc est un bon endroit pour s'exercer tranquillement en plein air et faire profiter les passants de ses talents d'interprétation. 

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Les cerfs-volants

Et pour conclure cette longue liste (non exhaustive!), l'un des passe-temps appréciés des Chinois, c'est aussi de faire voler un cerf-volant. La fabrication des cerfs-volants fait partie de l'artisanat traditionnel à l'histoire pluri-centenaire. Du petit gamin au vieux grand-père, ils peuplent le ciel et montrent leur habilité -- les cerfs-volants en Chine se dirigent avec une ficelle unique, pas de poignée pour assurer la prise ni de double fils pour équilibrer l'ensemble. Ce sont des pros. 

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3 juin 2012

Au détour d'un parc -- activités sportives

Le jianzi 毽子

Je vous avais parlé du jianzi il y a quelques mois, je ne sais pas si vous vous rappelez. Le jeu consiste à s'envoyer les uns les autres un volant de grandes plumes colorées en utilisant uniquement son pied. On peut jouer tout seul pour se la péter un peu ou bien avec autant de personnes que l'on veut, le but étant de garder le jianzi en l'air aussi longtemps que possible. Entre deux cours dans la cour de récré, sur le trottoir devant son magasin parce qu'on s'ennuit, à la pause de midi avec ses collègues, dans un parc avec la famille ou les amis, qu'importe, dans tous les cas, ils maîtrisent tous parfaitement la technique, c'est incroyable. Lorsque vous voyez une petite mamie lever la patte pour aller renvoyer le volant avec énergie, ça vous en bouche un coin je vous jure. 

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Badminton 羽毛球 

Non le jeu n'est pas originaire de Chine, mais actuellement les Chinois sont parmi les meilleurs au monde de cette discipline. C'est sans complexe que deux joueurs lambda sortiront leur raquette sur un bout de trottoir, échangeant des volants au milieu des passants. 

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Le pinpong 乒乓球

Le pingpong est le sport national. Il n'y a qu'à voir la nationalité des numéros 1 dans tous les tournois ou championnats mondiaux de tennis de table depuis quelques années: le seul où un(e) Chinois(e) n'arrive pas en tête, c'est le championnat... d'Europe! Dans la rue, dans les parcs il est classique de tomber sur des espaces où des tables sont laissées en libre-service. Les jeunes, comme les moins jeunes, viennent y échanger des balles à toute heure. Les retraités aussi se font de joyeux petits matchs à leurs heures perdues.

Toutefois, les médias en Occident prennent un malin plaisir à publier des photos vieilles de 20 ans de Chinois jouant au pingpong sur des tables de fortune (cf ci-dessous) en faisant croire que ces photos correspondent à la réalité d'aujourd'hui. Ne vous laissez pas avoir! Certes, cela peut encore se voir dans les zones rurales reculées. Mais la Chine arbore aujourd'hui un tout autre visage dans les villes, et il serait bon que les médias arrêtent leur petit jeu de manipulation par l'image. 

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Pour la petite histoire, pourquoi les Chinois sont-ils des pros du pingpong aujourd'hui? Selon Wikipedia, c'est Mao qui a encouragé son peuple à pratiquer ce sport, en se justifiant par cette magnifique phrase: "Considérez la balle comme la tête de votre ennemi capitaliste. Tapez dedans avec votre raquette socialiste et vous aurez gagné un point pour la mère patrie". 

 

Le taichi 太极拳

Le taichi est un art martial chinois millénaire basé sur l'exécution de mouvements lents impliquant une maîtrise de son corps et de son esprit considérable. Ca paraît très simple et un peu bidon quand vous voyez faire, mais pour avoir essayé le taichi comme le kungfu, je vous assure que lorsque vous devez vous le faire vous même, vous déchantez très vite! Le taichi est intimement lié au taoïsme, basé sur le fait que dans le corps circule un souffle de vie, le 气 qi. Selon cette philosophie, qui est aussi la base de la médecine chinoise, c'est la mauvaise circulation du qi qui est la cause des problèmes de santé, physiques comme psychiques. Pourquoi le taichi a-t-il autant d'adeptes, et de plus en plus en Occident aussi? Parce que sa pratique augmenterait l'espérance de vie en améliorant la santé.

Il existe des variantes avec des sortes d'épées, qui doivent correspondre à un autre type d'art martial mais je n'en connais pas le nom. 

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Mouvements de gymnastique en groupe, avec ou sans musique

Cela ne nécessite pas beaucoup plus d'explications... On voit aussi des groupes qui effectuent des mouvements de danse, avec des variantes avec de larges rubans (dans ce cas cela s'appelle le 秧歌 yangge) ou autres accessoires. 

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Danse en couple en plein air

Que ce soit dans les parcs de bon matin, ou sur l'esplanade d'un centre commercial le soir dans la rue, ils sont nombreux à se retrouver pour ces bals improvisés ou ces petits cours de danse de salon à la chinoise. Entendre au loin le son de la musique qui se même aux bruits de la circulation alors que vous vous dirigez vers le métro pour rejoindre vos amis pour la soirée, voir ce petit attroupement qui danse tranquillement dans la nuit, cela ajoute encore à l'atmosphère authentique de ce pays. 

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2 juin 2012

Au détour d'un parc -- jeux de société

Le pocker chinois (扑克 pūkè)

C'est le jeu le plus populaire parmi les hommes: retraités ou désoeuvrés se rassemblent à tous les coins de rues en petits groupes improvisés, s'installant sur des petites tables de fortunes et des tabourets pour nain. La partie se joue à quatre, mais les badauds ne se gênent nullement pour circuler autour du cercle et regarder vos cartes, vous donner des conseils, vous encourager,... Cela fait partie du jeu. Les cartes sont abattues avec fièvre et détermination: tous ces messieurs jouent pour gagner de l'argent -- les paris sont officiellement interdits, l'argent passe sous la table discrètement. La police n'est bien évidemment pas dupe, mais laisse faire. 

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Les échecs chinois (象棋 xiangqi)

Les règles du xiangqi ne sont pas si éloignées que ça des échecs occidentaux. La différence majeure réside dans la forme sous laquelle se présente le jeu: le plateau de jeu n'est souvent qu'une feuille de papier, quadrillées en deux camps. Les pions sont des tranches de bois de 5cm de diamètre et la fonction du pion est indiquée par le caractère chinois correspondant. Le propriétaire du jeu s'installe sur un bout de trottoir, déplie la feuille du plateau de jeu devant lui et attend qu'un adversaire se présente. Tout comme pour le pocker, une fois la partie lancée, les badauds s'arrêtent et y vont de leurs suggestions stratégiques. Les paris sont aussi bien évidemment de rigueur. 

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Le mahjong (麻将 majiang)

Le mahjong est le jeu des réunions familiales par excellence. L'équivalent de l'heure du thé ou de l'atmosphère d'un dimanche après-midi en Occident si vous voulez. Oubliez le soi-disant mahjong du dossier Jeux de votre PC, Windows n'a fait que réinventer un mémory en utilisant les tuiles du mahjong chinois. Le véritable mahjong n'a rien à voir et s'apparente à une sorte de rami. Les subtilités du jeu ne sont pas si évidentes à maîtriser même si le principe de base est simple: à chaque tour, vous piochez une tuile et en rejetez une de votre main, le but étant d'être le premier à assembler toutes ses tuiles par combinaisons de trois tuiles identiques ou consécutives. Le jeu rebondit en permanence car les joueurs peuvent récupérer les tuiles défaussées au fur et à mesure. Très populaire parmi les retraités qui se retrouvent dans les parcs pour des parties à l'infini, il est aussi l'objet de paris dans le même contexte que le pocker ou les échecs. 

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Le jeu de go (围棋 weiqi)

Moins courant dans les rues, du moins à Pékin, c'est un autre jeu typiquement chinois. Le but est d'encercler l'adversaire en plaçant ses pions (des petits galets polis blancs et noirs) sur l'intersection des cases d'un grand panneau de bois. Le jeu de go est un jeu noble. 

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(photo http://www.visoterra.com/index.php?component=photo&task=showPhotoGrandformat&idPhoto=19312)


 

2 juin 2012

Au détour d'un parc... -- un peuple de joueurs

J'en parlais depuis bien longtemps, depuis mon arrivée en fait... Au bout de 9 mois, j'ai enfin abouti à trouver le courage de mettre un réveil tôt et d'aller me promener dans un parc au petit matin. Croyez-moi, le spectacle vaut bien le sacrifice de quelques heures de sommeil.

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Dans tous les pays du monde, on sait que les personnes âgées se réveillent tôt. En Chine, dans les villes, alors que la ville sommeille encore, les retraités se rassemblent dans les parcs, pour commencer la journée de manière tout à la fois saine, paisible et ludique (certains se lèvent à 5h!). Quelques actifs se joignent à eux, heures de relaxation précieuses avant d'entamer une nouvelle journée effervescente. Les Chinois sont joueurs. Les activités sont innombrables...  

Parties de cartes, jeux de plateaux, mouvements de gymnastique, d'arts martiaux, de danse, seul ou en groupe, chorales, éleveurs d'oiseaux qui viennent faire prendre l'air à leur animal, simples lecteurs qui s'installent sur un banc pour lire le journal tranquillement, vieilles mamies assises sur un banc qui refont le monde de leur voix chevrotante, vieux monsieur appuyé solitairement sur sa canne et regardant passer les gens dans l'allée... où que vous regardiez autour de vous, ces scènes de calme remue-ménage se répètent à l'infini, pour le plus grand plaisir du promeneur qui goûte cette atmosphère joyeusement sereine. 

Toutes ces activités ne se limitent bien sûr pas qu'au petit matin, et encore moins aux seuls parcs. Sur le bord d'une grande avenue, sur un trottoir, sur une esplanade, au plus profond d'un hutong, à toute heure, vous croiserez tous les jours des groupes d'hommes en train de jouer aux cartes ou aux échecs pariant et s'encourageant à grands cris, un groupe de collègues jouer au jianzi à la pause de midi, ou bien encore deux personnes jouer au badminton sur le trottoir devant leur magasin. Toutes ces tranches de vie, ces diapositives authentiques d'un art de vivre que l'on a perdu en France, me manqueront terriblement dans trois semaines. L'art de vivre chinois sait encore allier quiétude, spontanéité et soif de développement, et c'est remarquable. 

                              sans-titre

Je me propose de vous présenter un peu plus en détails la richesse de la vie matinale des parcs chinois. Comme c'est un peu long, j'ai séparé tout ça en quatre articles différents, celui-ci n'étant que l'introduction :)

28 mai 2012

Les séances de gym collective obligatoire

Que ce soit à l'école, au travail ou dans les parcs, les Chinois sont de grands adeptes des séances de gym collective.

Au primaire, au collège, tout comme au lycée, à la pause de 10h, ils se mettent tous en ligne, et effectuent des enchaînements tous ensemble au rythme des instructions du meneur qui crie dans son mégaphone. Une bonne partie de la récré est consacrée à cette mise en forme physique. Les quelques minutes de détente libre viennent à la fin. On perçoit bien évidemment l'objectif sous-jacent de cette activité, à savoir: habituer les jeunes à rentrer dans un moule et à se plier à un mouvement d'ensemble. Un jour en cours, la prof nous avait fait faire quelques-uns des enchaînements qu'elle a effectués tous les jours pendant plusieurs années. Vous auriez dû nous voir Faure et moi, imiter la prof, c'était bien drôle, et pas si facile que ça figurez-vous. 

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            (Photo empruntée à ce blog: http://monperiplenchine.canalblog.com/archives/2011/11/index.html )

De même, certaines entreprises proposent des pauses gym à leurs employés: tous ceux qui veulent participer effectuent les mêmes enchaînements. Dans les salons de beauté, les salons de coiffure, c'est un exercice de team-building obligatoire: la journée commence par une petite séance de mise en forme collective, où tous les employés, hommes comme femmes, se rassemblent en lignes sur le trottoir devant la boutique, et au son d'une musique pop on ne peut plus chinoise, menés par un ''gym-leader'',ils gesticulent dans tous les sens, réalisent une espèce de chorégraphie, accompagnée parfois de cris d'auto-encouragements du groupe du genre ''HOO HOO HA!''. L'objectif est double: maintenir les employés en bonne santé physique, mais aussi attirer les clients, en leur donnant à voir un établissement au personnel jeune, soudé et dynamique. 

En images, parce que croyez-moi ça vaut le détour : http://www.youtube.com/watch?v=T1f0Nv-Cc54

Dans les parcs, mais aussi sur les larges trottoirs au pied des tours du centre de Pékin ou encore sur les parkings ou les places, les retraités se retrouvent tous les matins de bonne heure pour répéter encore et toujours les mêmes mouvements au rythme certes adapté à l'âge des participants. Mouvements de Taichi, de danse en musique, de gymnastique, de danse avec éventails, de danse avec rubans rouges, les variantes sont nombreuses... Scènes sereines et authentiques qui contrastent avec l'effervescence de la circulation du  jour naissant.

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28 mai 2012

Un tremblement de terre à Pékin!

Ce matin, à 10h22, un léger tremblement de terre d'une magnitude de 5,3 s'est produit dans le Hebei (la province qui entoure la municipalité autonome de Pékin) et cela a paraît-il été ressenti à Pékin. Paraît-il, parce que moi, je n'ai absolument rien senti! 

                                                                753px-Hebei_in_China_(+all_claims_hatched)

Peut-être étais-je trop absorbée par la rédaction de mon rapport de stage... Toujours est-il que je suis extrêmement déçue! Aucune victime ni dégâts à déplorer, donc je peux le dire: j'aurais aimé ajouter ''tremblement de terre'' à ma checklist chinoise...!  

24 mai 2012

Les Chinois ne s'embrassent pas

En Chine, et en Asie plus généralement, lorsque l'on rencontre des amis ou de la famille, point de démonstration d'affections enflammées, point d'embrassades ou d'étreintes chaleureuses. Un simple bonjour accompagné d'un petit sourire suffit. Même entre parents et enfants, entre frères et soeurs, vous ne les verrez pas s'embrasser. Serait-il qu'ils ne s'aiment pas? Point du tout. Le bisou ne fait simplement pas partie de la culture. Les Chinois sont très pudiques dans l'expression de leurs sentiments et émotions. Pour eux, il est très embarrassant d'embrasser quelqu'un, même sur la joue, et qui plus est en public. Les parents embrassent peu leurs enfants, les câlins ne font pas partie des habitudes, ils sont réservés aux enfants les plus jeunes. 

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Si vous avez vu le magnifique Le dernier danseur de Mao (si vous ne l'avez pas vu, mettez-le sur votre liste de courses ou de téléchargement), rappelez-vous la scène lorsque le héro retrouve ses parents après des années: même pas une étreinte! Ca nous semble inconcevable. Et pourtant, l'émotion est là, contenue, humble, pudique.

Un jour, j'ai assisté à une scène bizarre mais qui illustre parfaitement ce que je suis en train de vous raconter. Un ami venait de rentrer de voyage. Il arrive à Hutong School et tombe sur un prof qu'il n'avait pas vu depuis longtemps. Tout content, il s'élance pour dire bonjour. Il est en Chine depuis longtemps donc il sait qu'il ne pourra pas lui serrer la main, encore moins le prendre dans ses bras. Mais, arrivé à la hauteur du prof, on sentait si fort sa frustration de devoir s'arrêter et articuler un simple ''bonjour''. Il en était mal à l'aise. Entre les deux, le mur culturel se dressait, empêchant toute effusion, même si la joie de se revoir était présente chez l'un comme l'autre. 

Certes, il y a des exceptions, car il y a des gens tactiles partout, même en Asie. Et, parmi les jeunes, l'Occident appose aussi peu à peu son empreinte. S'il y a quelques années il était impensable de voir des couples s'embrasser dans la rue, c'est aujourd'hui tout à fait commun et accepté (du moins dans les villes). Mes amies chinoises me font la bise, car elles ont vécu en France et qu'elles se sont faites à cette étrange habitude.

En revanche, un Chinois lambda ne comprendrait absolument pas votre geste et en plus il se sentirait extrêmement mal à l'aise. Même serrer la main ne fait pas partie de la culture en dehors d'un milieu d'affaires masculin: serrez la main d'un Chinois, vous vous rendrez immédiatement compte qu'il n'est pas à l'aise avec ce geste qui nous semble pourtant si naturel: il a le bras hésitant, la main molle et il ne vous serre que le bout des doigts. J'en ai fait l'expérience intense lorsqu'on m'a fait faire le tour de l'entreprise mon premier jour de stage. Le Chinois préfèrera se tenir bien droit à un ou deux pas de vous, les moins jointes devant lui, s'inclinant éventuellement légèrement. 

Ce qui est étrange, et complètement contradictoire avec ce que je viens de vous expliquer, c'est qu'il est plus que courant de croiser dans la rue deux filles, deux femmes se tenant par la main ou pendue au bras l'une de l'autre, voire complètement scotchées. En Chine, c'est une marque d'amitié, d'intimité, et c'est complètement normal. Mais alors pourquoi acceptent-ils ce contact corporel là? Un contraste de plus chinois, ou plutôt, l'une des nombreuses contradictions de la nature humaine. 

P1030158J'en profite pour parler au passage d'un autre comportement typiquement asiatique. Lorsqu'une fille rit, elle a le réflexe immédiat de mettre sa main devant la bouche. Je ne pense même pas que ce soit conscient. Pourtant pourquoi se cacher lorsque l'on est joyeux? Je trouve cela tellement dommage, tellement triste. Ils doivent considérer que c'est mal poli de montrer ses dents ou l'intérieur de sa bouche... 

J'ai cherché parmi mes centaines et centaines de photos depuis septembre si je n'avais pas une belle illustration de ce geste. Je n'ai trouvé que cette photo pas terrible de mon ancienne colloc corréenne Yunna: au moins vous pouvez voir l'ébauche du geste :)

                                                         

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Camille en Chine!
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